Appel à textes - Thème : Dans la cuisine

Organisateur Revue Pourtant

Signes
0
0
Frais 0 €
Public Ouvert à tous
Envoi E-mail
Avant le 30/04/2021 Vu 1887 fois

"Si vous cherchez un livre sur la gestion de projet qui vous permet d'éviter 90% des erreurs classiques, vous l'avez trouvé."

Gérez vos projets - Les clés pour réussir étape par étape sur Amazon.fr

"Excellent pour avoir des idées originales pour écrire, animer un atelier d'écriture. Permet de sortir des sentiers battus et autorise les écrivains à se lâcher."

Libérer son écriture et enrichir son style sur Amazon.fr

"Antidote traque les répétitions, dresse la liste des adverbes, verbes faibles, corrige votre typo et tant d'autres."

Antidote - Correcteur et dictionnaires pour le français ou l'anglais sur Amazon.fr
Ouvert à tous				 

Attention, ce concours est fermé

30/06/2021
0 €
Publication dans Pourtant n°3
« Dans la cuisine… » appel à photographies et textes pour le n°3, sortie juin 2021

« Dans la cuisine »… Pas l’art culinaire !
Pas les recettes à Ginette Mathiot ni au Beau Cuse, non non non !…
Mais la vie dans cette pièce centrale de la maison. Famille, amis, gens de passage. Les confidences, l’amour, la rigolade, les engueulades, les pochetronades, les drames, les grands projets, les petits déjeuners…

nous attendons vos propositions…
-    Série photographique (nouveau à partir de ce n°3)
-    Photographie
-    Nouvelle
-    Poème
-    Composition poétique
-    Phototexte : œuvre à 2 ou 4 mains « photographie-s + texte-s » (nouveau à partir de ce n°3)

Une attention particulière sera apportée aux textes et photos faisant œuvre commune en résonance.

autour de ces 15 variations :

#1

« – Pas ça, oh ! non, oh ! non… C’est défendu.
Lui, ardemment, répétait :
– On ne le saura pas, je ne le dirai à personne.
– Non, monsieur Octave… Vous allez gâter le bonheur que j’ai de vous avoir rencontré… Ça ne nous avancera à rien, je vous assure, et j’avais rêvé des choses…
Alors, il ne parla plus, ayant une revanche à prendre, se disant tout bas, crûment : « Toi, tu vas y passer ! » Comme elle refusait de le suivre dans la chambre, il la renversa brutalement au bord de la table ; et elle se soumit, il la posséda, entre l’assiette oubliée et le roman, qu’une secousse fit tomber par terre. La porte n’avait pas même été fermée, la solennité de l’escalier montait au milieu du silence. Sur l’oreiller du berceau, Lilitte dormait paisiblement. »

Pot-Bouille, Émile Zola

« Here’s fine, » he heard the man say. There was no reply from Betty, and then Simon heard spoons clatter and a thump that sounded like a body falling. […] He had put her over the kitchen table. Betty endured. Simon could see one of her eyes, cool and unblinking, like a gut shot due, alive but too weak to stand. The table wobbled on its chrome legs, but it held. So she did.  

« “Ici, ça ira”, entend-il l’homme dire. Il n’y a pas de réponse, puis Simon entend un cliquetis de cuillers, et un bruit sourd comme un corps qui tombe. […] Rojta l’avait renversée sur la table de la cuisine. Betty subissait. Simon voyait l’un de ses yeux, froid, immobile, comme une biche qu’on a atteinte au ventre, vivante mais trop faible pour se tenir debout. La table branlait sur ses pieds chromés, mais elle tenait le coup. Betty aussi. »

The Hiawatha (Comme un frère), David Treuer, éd. Albin Michel, 2002, traduction française de Marie-Claire Pasquier

#2

« In the kitchen I try to make meat loaf out of the girl but it becomes too frustrating a task and instead I spend the afternoon smearing her meat all over the walls, chewing on strips of skin I ripped from her body […]. The head in the microwave is now completely black and hairless and I place it in a tin pot on the stove in an attempt to boil any remaining flesh […]. Maggots already writhe across the human sausage, the drool pouring from my lips dribbled over them, and still I can’t tell if I’m cooking any of this correctly, because I’m crying too hard and I have never really cooked anything before. »

« Dans la cuisine, je tente de préparer un pâté avec la viande de la fille, mais cette tâche s’avère vite ingrate, et je passe l’après-midi à l’étaler partout sur les murs, tout en mâchant des lambeaux de peau arrachés au corps […]. Dans le four à micro-ondes, la tête est maintenant complètement noire et chauve, et je la mets à bouillir dans une casserole sur le fourneau […]. Déjà, les asticots se tortillent sur la saucisse humaine, et la bave qui s’écoule de ma bouche goutte sur eux ; je ne sais si je prépare cela correctement, parce que je pleure trop fort, et que je n’ai jamais vraiment fait la cuisine auparavant. »

American Psycho, Bret Easton Ellis, traduction française d’Alain Défossé, 1991

#3

« Il constata avec plaisir que la vaisselle était faite, et l’évier, nettoyé. Il restait adossé contre celui-là avec le sentiment de revenir d’un long, d’un très long voyage. Il laissait les choses, et la place des choses, rentrer en lui. Ici, le grille-pain, et là, à main droite, l’éponge avec laquelle on débarrassait les miettes. Il tira la poignée du frigo et alla directement à l’endroit où se trouvaient les bières, dans le bac à légumes. Il en prit une et ce fut comme si on l’avait attendu, comme s’il ne s’était rien passé, personne ici ne buvait de bière, sauf lui. »

L’homme de chevet, Éric Holder

#4

« Το νόημα της απλότητας

Πίσω από απλά πράγματα κρύβομαι, για να με βρείτε·
αν δε με βρείτε, θα βρείτε τα πράγματα,
θ’ αγγίξετε εκείνα που άγγιξε το χέρι μου,
θα σμίξουν τα χνάρια των χεριών μας.

Το αυγουστιάτικο φεγγάρι γυαλίζει στην κουζίνα
σα γανωμένο τεντζέρι (γι’ αυτό που σας λέω γίνεται έτσι)
φωτίζει τ’ άδειο σπίτι και τη γονατισμένη σιωπή του σπιτιού –
πάντα η σιωπή μένει γονατισμένη.

Η κάθε λέξη είναι μια έξοδος
για μια συνάντηση, πολλές φορές ματαιωμένη,
και τότε είναι μια λέξη αληθινή, σαν επιμένει στη συνάντηση.

Le sens de la simplicité

Derrière des choses simples je me cache, pour que vous me trouviez ;
si vous ne me trouvez pas, vous trouverez les choses,
vous toucherez ce que ma main a touché,
les traces de nos mains se joindront l’une à l’autre.

La lune du mois d’août brille dans la cuisine
comme un pot étamé (pour la seule cause que j’ai dite)
elle éclaire la maison vide et le silence agenouillé de la maison –
le silence est toujours agenouillé 

Chaque mot est un départ
pour une rencontre – annulée souvent –
et c’est un mot vrai seulement quand, pour cette rencontre, il insiste. »

Gestes, Yánnis Rítsos, éd. Les Éditeurs Français Réunis, 1974 – 1er poème du recueil Parenthèses (1946-1947) – Traduit du grec par Chrysa Prokopaki et Antoine Vitez

#5

«  Je languissais dans mon lit, frustrée par ma condition de mère de famille et de femme mariée ; tout avenir me semblait prisonnier de la répétition des rites domestiques, que ce soit dans la cuisine ou dans le lit conjugal, et ce jusqu’à la mort. »

L’amie prodigieuse, Celle qui fuit et celle qui reste (tome 3), Elena Ferrante, 2017

#6

« Ils trouvèrent Hélène assise dans sa cuisine, sous le néon, occupée à feuilleter le programme télé en fumant une cigarette.
— Ça sent bon, fit le père en tirant une chaise pour s’asseoir. Qu’est-ce qu’on mange ?
Hélène tapota sa cendre, puis écrasa sa cigarette. Elle fumait des Winston. Il devait y avoir quelque chose comme vingt-cinq mégots dans le cendrier. Anthony n’osait même pas la regarder. Elle portait ses lunettes de vue, ce qui n’était jamais très bon signe.
— Des patates, dit-elle. Avec des œufs et de la salade. »

dans chapitre I, « 1992 Smells Like Teen Spirit »

« Dans la cuisine, son père faisait la popote. Anthony reconnut l’odeur de sauce tomate puis la viande grésilla dans le fond de la poêle à frire.
— Tu fais quoi ?
— Spaghettis bolognaise.
— Cool.
Le père sourit. C’était pratique les spaghettis, il ne cuisinait jamais rien d’autre quand Anthony venait. Un paquet de 500 grammes, le môme dévorait. »

dans chapitre II, « 1994 You Could Be Mine »

Leurs enfants après eux, Nicolas Mathieu, éd. Actes Sud, 2018, Goncourt 2018

#7

Dans la cuisine, par Bababiduda

#8

« Elle descendit dans la cuisine pour y faire du café, mettre du lait sur le feu, disposer sur la table les corn flakes et les gâteaux secs des enfants, sortir du réfrigérateur le beurre et les confitures. Elle se fit une entaille à l’index en coupant une tranche de pain puis elle se brûla le majeur mitoyen en la retirant du grille-pain, où elle était restée coincée. Elle réveilla ses enfants et aida Arthur à se préparer pour aller à l’école. Jean-François et elle n’échangèrent pas un seul regard, une seule parole, de tout le petit-déjeuner. Les enfants, pétrifiés par leur insomnie, au bord des larmes, n’osaient rien dire non plus. Ils avaient peur que ça recommence. »

L’amour et les forêts – Eric Reinhardt 

#9

« Tout est sale dans la cuisine. Le carrelage rouge, irrégulier, colle sous les pieds, la grande table colle sous les mains et sous les coudes. Le fourneau est complètement noir de graisse, les murs aussi tout autour à cause de la suie. »

Le grand cahier, Agota Kristof, 1986

« Une cuisine. Sur le sol un linoléum, mosaïque de rhomboïdes, jade, azur et vermillon. Sur les murs une peinture jadis brillante. Contre le mur du fond, à côté de l’évier, au-dessus d’un égouttoir en fil plastifié, glissés l’un au-dessous de l’autre entre le mur et la tuyauterie, quatre calendriers des postes avec des photographies en quadrichromie. »

La vie mode d’emploi, Georges Perec

« Le logement de Topinard consistait en une cuisine et en deux chambres. […] Les riches n’imagineraient pas la simplicité de la batterie de cuisine qui consistait en une cuisinière, un chaudron, un gril, une casserole, deux ou trois marabouts, et une poêle à frire. La vaisselle en faïence, brune et blanche, valait bien douze francs. La table servait à la fois de table de cuisine et de table à manger. Le mobilier consistait en deux chaises et deux tabourets. […] Et dans un coin s’élevait le baquet où se savonnait, souvent pendant la nuit, le linge de la maison. […] On conçoit, sur ce léger croquis, que les Topinard étaient, selon la phrase devenue proverbiale, pauvres mais honnêtes. »

Le cousin Pons, Balzac

#10

«  J’ai toujours faim. Même mort j’ai faim, quand je cuisinais j’avais faim, quand je dormais j’avais faim, quand j’étais hors de ma cuisine j’avais encore faim. Aaaaah, ma cuisine ! Mon paradis à moi, mon bureau, mon QG, ma forteresse. Cuisiner pour les vivants me manque : j’aimais tellement cuisiner, rassembler les gens autour d’un plat, partager et vivre avec eux les événements importants — les baptêmes, les mariages, les repas entre copains, les obsèques…  

Oui, même les obsèques ! »

Balade funéraire gourmande, Julien Barbet et Julie Chauville, éd. Fage, 2019

#11

« La cuisine était déserte, et elle entendait les échos d’un feuilleton américain — Dallas ou Côte Ouest — provenant de la salle de télé au bout du couloir. Se croyant seule, elle ouvrit une boîte de soupe aux champignons et en versa le contenu dans une casserole. Puis elle alluma la cuisinière, qui se trouvait à part dans un coin aveugle d’où on ne voyait pas le reste de la pièce en forme de L. Elle remua la soupe avec une grosse cuiller en bois et y trouva un réconfort inattendu. Elle la remua trois fois dans le sens des aiguilles d’une montre, puis trois fois dans l’autre sens, et ainsi de suite, regardant les ronds se former et s’estomper lentement dans le mélange bourbeux. Absorbée par sa tâche, elle sursauta en entendant une voix masculine dire : “Où est-ce qu’on range le café par ici ?” Elle poussa un cri perçant en se retournant. »

La Maison du sommeil, Jonathan Coe

#12

Je me dilue dans le tourbillon noir qui se crée dans sa tasse quand Paul tourne son café avec sa cuillère puis, d’un coup, j’attrape une casserole, que j’entreprends de récurer à l’éponge avec une énergie qui ne me ressemble guère. Paul m’observe, amusé, en se massant l’arête du nez avec le pouce et l’index, regarde son téléphone et découvre, consterné, un message en provenance de son laboratoire de recherches […]. La panique me gagne. Je sens mes orteils se retrousser dans mes chaussures. Mes doigts qui s’étaient agrippés à l’éponge se figent.
– Chéri, lui dis-je, il faut que je te raconte quelque chose… »

Les enténébrés, Sarah Chiche

#13

« On éteignait la boutique. Ma mère était pas cuisinière, elle faisait tout de même une ratatouille. Quand c’était pas « panade aux œufs » c’était sûrement « macaroni ». Aucune pitié. Après les nouilles on restait un moment tranquilles, à réfléchir pour l’estomac. […] Là derrière la tapisserie c’était l’éclairage papillon. Il faisait obscur dans les assiettes. Ma mère elle reprenait des nouilles, stoïque, pour nous inciter… Il fallait une bonne gorgée de vin rouge pour s’empêcher de les vomir. »

Mort à crédit, Louis-Ferdinand Céline

#14

«  Il lui arrive de plus en plus souvent la nuit
de descendre dans la cuisine
où fument en silence sous la lune
les statues que le jour relègue parmi les meubles. »

Éloge pour une cuisine de province, Guy Gofette, éd. Champ Vallon, 1988

#15

«  Elle se traîna jusqu’à la cuisine, puis elle se redressa en s’appuyant au bord de l’évier, et continua à le traiter de putain de salaud, puis elle se passa la tête sous le robinet d’eau froide. Sa fille s’approcha pour l’aider et Nancy continuait à crier puis le sentiment de frustration la fit se mettre à pleurer et sa fille lui dit de ne pas pleurer, Jésus nous aime, maman. Nancy lui répondit de lui foutre la paix. »

Last Exit to Brooklyn, Hubert Selby, éd. 10/18, 2004, trad. Jeanne Colza
Œuvres attendues

Jusqu’à 5 œuvres par participant, une œuvre étant :
-    une série photographique
-    une photographie
-    une nouvelle de fiction (sans limite de taille)
-    un poème
-    une composition poétique
-    un « phototexte », càd une œuvre à 2 ou 4 mains « photographie-s + texte-s »

Possibilité de panacher ces œuvres, par exemple : 1 série, 1 phototexte, 3 photographies OU 1 composition poétique et 4 poèmes distincts OU 2 nouvelles OU etc.

Agenda
Date limite d’envoi : 31 mars
Sélection par le comité : 15 mai
Sortie du n°3 “Dans la cuisine” : fin juin 2021